Après un mois de grève, c'est une semaine cruciale qui démarre dans les négociations autour de la réforme des retraites. Alors que deux journées de manifestations interprofessionnelles et de grèves sont prévues jeudi 9 et samedi 11 janvier à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires, FSU), les discussions entre le gouvernement et les partenaires sociaux doivent reprendre ce mardi au ministère du Travail. Lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre, Emmanuel Macron avait enjoint son Premier ministre à trouver "un compromis rapide" avec "les syndicats qui le veulent".

Une question centrale : la pénibilité

Même si, sur France Inter ce lundi, Bruno Le Maire a assuré que "le compromis ne [lui] avait jamais paru aussi proche", on semble encore loin d'un accord. Le gouvernement s'est bien gardé d'inscrire le sujet qui fâche, à savoir l'âge pivot, au menu des discussions. 

Quatre sujets de négociations seront sur la table, à commencer par la pénibilité. Comment la mesurer ? Comment la prendre en compte dans le cadre du futur système de retraites ? Doit-elle permettre de partir plus tôt ? Les syndicats réclament la réintroduction de critères supprimés en 2017, tels que le port de charges lourdes, ou l'exposition à des produits chimiques. La négociation s'annonce ardue.

L'aménagement des fins de carrière sera également au cœur des débats, notamment pour les salariés de la fonction publique. De nouvelles possibilités de pré-retraite ou d'activité réduite pourraient être introduites. L'idée étant, pour ceux qui le souhaitent, de travailler moins en fin de carrière sans perdre trop d'argent.

Le minimum de pension garanti, à 1 000 euros, fera également l’objet de nouvelles négociations. Les syndicats espèrent le relever. Ils espèrent aussi retarder les échéances à partir desquelles les salariés basculeront dans le nouveau système.

Interrogé dimanche sur franceinfo, Didier Mathis, secrétaire général de l'Unsa-ferroviaire, s'est dit "confiant" quant à la reprise des négociations. "Il est hors de question que l'on porte à 64 ans l'âge d'équilibre", a-t-il martelé. De leur côté, Sud et la CGT disent toujours rejeter en bloc le contenu de la réforme. Sur le plateau de France 2, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a demandé dimanche le retrait de l'âge pivot et proposé une "conférence de financement" du système de retraites distincte du projet de loi en préparation.

Nouveaux appels à la grève

Dès ce lundi, de nouveaux appels à la grève ont été déposés, notamment par les avocats, le deuxième syndicat de pilotes d'Air France et les fédérations d'infirmiers et de kinésithérapeutes. La CGT promet également un durcissement mardi des blocages de raffineries, terminaux pétroliers et dépôts. Côté transports, le trafic SNCF est en nette amélioration ce lundi mais le réseau RATP reste très perturbé.

Le projet de loi sur les retraites doit présenté la semaine du 20 janvier en conseil des ministres. L'exécutif rappelle que le projet pourra encore évoluer pendant le débat parlementaire en février.

(Sources : https://www.franceinter.fr/economie/retraites-les-points-cles-d-une-semaine-cruciale-pour-les-negociations)

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